1ère séance du séminaire "Démocratie alimentaire"

Évènements
 Inscriptions closes
Date: 22 novembre 2017 09:00 - 23 novembre 2017 17:00

Lieu: Institut de Management Montpellier - Espace Richter, 208 rue Vendémiaire - tram ligne 1, arrêt Port Marianne

Organisé par l’INRA et l’Institut de management de Montpellier1, avec le soutien du Métaprogramme Glofood Inra-Cirad, des Chaires Unesco Alimentations du Monde et Droit sur la Diversité et la Sécurité alimentaire, ainsi que de la Maison des Sciences de l'Homme Sud, le séminaire "Démocratie alimentaire : quel périmètre d'un droit à l'alimentation durable ?" a pour objectif de croiser les connaissances de la recherche, de la formation et des initiatives citoyennes concernant l’accès à l’alimentation des familles à petits budgets et des personnes en situation de précarité en vue d’une participation concrète à la transition alimentaire.

Télécharger le programme de la 1ère séance "Le droit à l'alimentation durable, du côté du marché"

Contexte et problématique

L’aide alimentaire en Europe a connu ces dernières années de nombreux changements. Financée essentiellement par le programme européen d’aide aux plus démunis inscrit dans la politique agricole commune jusqu’à la fin 2013, ce dispositif fait maintenant partie du Fonds Social Européen et participe aux politiques sociales des Etats. Pour autant, l’aide alimentaire est conçue à partir de 1954 à travers les premières directives de la FAO et celles-ci se présentent comme un code de conduite international, utilisant les surplus agricoles dans le respect des exportateurs et producteurs locaux (FAO, 2014). En France, c’est dans la loi de juillet 2010 de modernisation de l’agriculture et de la pêche que l’aide alimentaire y trouve un statut « agricole », notamment en spécifiant ses objectifs. D’autre part, cette loi a été complétée par deux décrets qui inscrivent celle-ci dans le code rural et de la pêche maritime et le code de l’action sociale.
La montée en puissance de la problématique de sécurisation alimentaire des plus précarisés à l’échelle des pays du Nord (De Schutter, 2012) en fait un problème public. L’aide alimentaire devient alors la réponse à cette forme d‘exclusion et ce dispositif repose essentiellement sur des associations caritatives, en partie subventionné par les pouvoirs publics mais également enraciné dans un financement issu du secteur privé. L’augmentation des utilisateurs de l’aide alimentaire est fortement relayée par la presse depuis 2008-2009 ; cette campagne de presse qui s’appuie sur les derniers rapports d’activité des opérateurs de cette distribution alimentaire, pose comme une évidence le fait qu’il faut augmenter les moyens de ces derniers, sous peine de laisser une frange grandissante de la population avoir faim.
Pour autant, l’offre alimentaire est largement suffisante en quantité et en qualité et personne, en France, ne meurt de faim ; mais il y a bien une population (environ 2,5 millions de personnes) qui ne peut accéder à une alimentation de qualité et en quantité suffisante. Il existe aujourd’hui un problème d’insécurité alimentaire ; cette insécurité n’est pas générée par un manque de production ou par l’insuffisance de réseaux de distribution mais par l’insuffisance de revenus d’une partie de la population.

Sur le plan local des organisations à visée citoyenne prennent appui sur la question de la dépendance alimentaire pour reposer les enjeux de solidarité et de justice sociale. Il s’agit pour elles de chercher à reconstruire des formes d’autonomie par le développement de pratiques d’autoproduction, d’entraide, de solidarités de proximité, etc… en favorisant une mixité sociale propice à générer un sentiment positif d’inscription dans une collectivité. La mise en oeuvre de ces pratiques ne peut être standardisée dans la mesure où elles prennent appui sur un jeu d’acteurs et d’interactions propre à chaque contexte. Ces approches, à visée qualitative ou citoyenne traduisent un investissement dans une vision démocratique.
Trois communautés de recherche sont identifiées comme ayant un intérêt scientifique sur la question du droit à l’alimentation durable :
- La première communauté est celle du droit agricole et agro-alimentaire, au croisement des questions agricoles, environnementales et alimentation.
- La deuxième communauté scientifique est celle des droits de l’Homme ; le droit à l’alimentation y est réfléchi dans la prolongation des travaux engagés par l’ONU et notamment par le rapporteur spécial du droit à l’alimentation
- La troisième est celle de la politique de la ville qui travaille sur les discriminations notamment dans les quartiers populaires. L’accès à l’alimentation est inexistant dans les réflexions et l’invisibilité de cette problématique fait partie des raisons pour lesquelles, un dialogue serait des plus riches.

Le projet du séminaire est de chercher à transversaliser la question de l'accès tant du point de vue de la recherche que de la formation professionnelle ou universitaire, que du point de vue des acteurs économiques (entreprises ESS et associations) concernés par cette question.

Six journées d'études sont prévues entre novembre 2017 et juin 2018. Elles reposent sur trois dynamiques qui par leurs interactions produiront des nouvelles connaissances :

- Une dynamique de recherche qui va se baser sur l'organisation d'un dialogue entre les trois communautés de recherche citées ci-dessus.

- Une dynamique de formation auprès des étudiants issus de trois formations différentes (droit, travail social, ingénieur agro) et des doctorants.

- Une dynamique avec la société civile à travers des initiatives citoyennes portant sur l'accès à une alimentation de qualité pour les familles à petit budget.

 

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