Axe 3 - Quelles alternatives économiques et sociales ?

Les crises et changements globaux qui nous entourent (changement climatique ; globalisation économique, sociale et politique ; érosion de la biodiversité ; crises économiques et financières ; révolution mondiale du numérique…), reposent sur un corpus de constats et d’injonctions souvent très similaires (raréfaction de la ressource, rigueur et sobriété de gestion, mutualisation et diversification des moyens, équité de l’effort et de la répartition, objectif du (bien)-vivre ensemble…), et ce quel qu’en soit le champ d’observation et d’application (environnement, macro- et micro-économie, administration publique, recherche, innovation sociale…). Ainsi compris, ils invitent à innover à la frontière entre ressources naturelles, ressources financières et ressources humaines ; c’est du reste le prisme adopté aujourd’hui par toutes les politiques de développement, organisées autour de trois piliers principaux : capital naturel, capital social et culturel, et capital économique et financier.

Dans ce domaine, notre site possède un réel réservoir de compétences, déjà reconnu ou en cours de développement, offrant notamment la possibilité d’approches archéologiques et sociohistoriques des stratégies d’innovation des sociétés confrontées aux évolutions de leurs milieux (augmentation des pressions anthropiques, épuisement de certaines ressources, modification du paysage…) ainsi que de leurs systèmes économiques, politiques et socioculturels (industrialisation de la production, proto-mondialisation commerciale, explosion démographique, définition de frontières inclusives et exclusives, problématiques impériales, massification des sociétés et de l’information, évolution des systèmes de pensée, de représentations et de savoir…). Les crises pesant sur le monde actuel, et les défis de l’innovation environnementale, économique et sociale, recouvrent en effet des idées et des pratiques qui ne sont pas sans histoire.

L’objectif de la MSH Sud est ici de créer les conditions de possibilité d’approches à la fois plus globales et mieux adaptées aux grands enjeux sociétaux, travaillant à construire des sociétés et écosystèmes intelligemment inclusifs par l’élaboration de modèles de développement plus durables et équitables : économie sociale et solidaire, transition agroécologique, commerce équitable, économie de la contribution, énergies renouvelables, démocratie alimentaire, économie verte et circulaire, approches écosystémiques de la mer et de ses ressources, alter-management, technologies culturelles, interventions non médicamenteuses, consommation citoyenne, décroissance… Ce faisant, il s’agit tout particulièrement de favoriser les synergies entre les démarches de recherche-action participative – en faisant par exemple discuter alter-management et transition agro-écologique, économie sociale et solidaire et innovation participative en écologie… – qui, en réponse aux changements globaux, pensent leur cadre de recherche au profit des environnements et sociétés dans lesquels et avec lesquels ces chercheurs travaillent.