Axe 2 - Gouvernances et politiques publiques innovantes

Par-delà les oppositions classiques entre Nords et Suds, urbanités et ruralités, globalisation et territorialisation, ou encore public et privé, la globalisation des marchés, le numérique, l’action de plus en plus sensible des sociétés civiles, les nouveaux modes de consommation, etc., font que les politiques publiques, par trop segmentées spatialement, sectoriellement et thématiquement, ne parviennent pas toujours à proposer des solutions adaptées face à la dynamique des contextes locaux ou les changements globaux à l’œuvre, eux-mêmes de plus en plus imbriqués. La difficulté tient tout autant aux rythmes et espaces, toujours plus mouvants, dynamisant les territoires de ces politiques, qu’à la quantité exponentielle d’acteurs et de normes, et donc de connaissances à maîtriser et articuler, et ce quel que soit le domaine : de l’agriculture aux politiques patrimoniales, en passant par la gestion de l’eau, la santé, etc. En conséquence, le chercheur et l’acteur de la gouvernance sont aujourd’hui contraints de réfléchir à l’articulation entre :

  • Un jeu d’échelles de plus en plus complexe, allant du micro (l’individu, la famille) au meso (« anciens » et « nouveaux » territoires, comme l’intercommunalité…) et au macro, ce jusqu’aux tentatives de gouvernances globalisées (avec leurs dispositifs de régulation internationale…) ;
  • Un jeu d’acteurs en constant mouvement, appelant à considérer la gouvernance comme un champ social complexe et dynamique, où se joue une multitude d’interactions entre acteurs de terrain différents et pour partie autonomes (citoyens, élus, firmes, associations) ;
  • Un jeu de normes, locales, nationales et internationales, publiques et privées, souvent empilées et parfois mêmes contradictoires, pouvant impliquer des conflits d’acteurs ou de politiques, voire des résultats à l’opposé des effets attendus.

D’un côté, les acteurs de la gouvernance ont en effet besoin de maîtriser un nombre de paramètres à chaque fois plus importants, allant de l’évolution quotidienne des normes internationales aux mutations d’ordre technique, en passant par la sociologie de leurs administrés, etc. Pour ce faire, ils font bien souvent appel à des opérateurs privés alors même que le potentiel de la recherche publique (universités et organismes de recherche) en matière de conseil et d’expertise pourrait être mieux mobilisé. De son côté, la recherche-action publique peut parfois souffrir d’un déficit de compétences en matière juridique, d’expertise des politiques publiques, etc., qui empêche ses chercheurs de développer le plein potentiel de leurs recherches participatives. De ce fait, la MSH Sud entend ici tout particulièrement soutenir les projets :

  • développant leur caractère innovant à l’articulation entre  jeux d’échelles, d’acteurs et de normes ;
  • impliquant une meilleure mobilisation du potentiel de la recherche public par les acteurs de la gouvernance (recherche participative, conseil, expertise) ;
  • renforçant plus largement la structuration de la recherche idoine par l’apport de l’approche interdisciplinaire, par exemple :
    • apport du droit ou des sciences politiques dans le domaine de la gestion durable et équitable des ressources naturelles ;
    • apport du temps long pour comprendre les modes de participation sociale et les dynamiques environnementales liés aux processus de production territoriale ;
    • apport de l’approche transversale dans le développement dialogique des Suds et des Nords