Valorisations

La MSH Sud soutient une définition résolument large de la « valorisation » de la recherche, répondant aux enjeux actuels de l’évolution du monde de la recherche. Dans ce cadre, nous préférons employer le terme « valorisations » au pluriel.

Aujourd’hui en effet, depuis la conception d’un projet de recherche jusqu’aux modes d’administration et aux critères d’évaluation des résultats, c’est toute la recherche qui paraît bouleversée par le développement de « nouveaux » paradigmes, exigeant tout à la fois du chercheur :

  • qu’il innove et mutualise, en travaillant tout particulièrement dans l’interdisciplinarité et l’interinstitutionnalité,
  • qu’il prenne le virage du numérique pour les Sciences humaines et sociales (SHS) ou des SHS pour les sciences dites dures,
  • qu’il valorise et transfère les résultats de sa recherche vers les mondes socioéconomiques,
  • qu’il travaille à l’interface sciences-sociétés (recherche-action, protocoles participatifs…).

Dans le monde de la recherche, ces éléments de discours, tantôt analysés en termes d’objectifs à atteindre, tantôt en termes de corpus d’injonctions dont il est difficile de se défaire, ravivent généralement des lignes de fracture animant le champ scientifique, associées à une critique de ce que l’on qualifie de mode 2 de la recherche (recherche sur projets, visée pratique, structuration interdisciplinaire, injonction à la valorisation…). Pour la MSH Sud, cette recherche-action, interdisciplinaire et sur projets – au fondement de l’action de notre MSH –, n’implique pas la fin de la recherche fondamentale et disciplinaire. Bien au contraire, nous la concevons comme une courroie de transmission et une caisse de résonance pour les méthodologies et résultats de la recherche en direction des mondes extérieurs à la communauté scientifique du site : là est l’essence de notre définition de la « valorisation ».

La « valorisation », envisagée aujourd’hui comme une exigence devant irradier toute recherche, implique de la considérer comme une démarche globale devant éclairer la recherche à tous les stades de son développement, depuis l’élaboration du projet de recherche jusqu’au transfert des données produites vers la société. Ainsi comprise, cette approche globale et intégrée, proche des objectifs et conditions de la recherche participative, ne peut plus être circonscrite aux seuls « services valo » des universités et organismes de recherche, pas plus qu’elle ne peut être limitée à sa seule dimension économique. Elle doit au contraire associer chercheurs et autres acteurs, à l’interface sciences-sociétés, autour de la co-construction d’une théorie et d’une pratique résolument neuves et réfléchies de la valorisation.