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Depuis une quinzaine d’années, de nombreux laboratoires militants se mettent en place dans le monde entier. Ainsi, les « Fablabs », « hacker-space » et « DIY-bio » ont notamment pour objectifs de développer un partage et une capacitation des savoirs, réaliser des expériences scientifiques et d’auto-production.
À Montpellier, un tel laboratoire (nommé LABASE : « Laboratoire Autonome de Biologie : Alternatif, Solidaire et Expérimental ») s’est installé au sein du hacker-space « le BIB » dans les locaux de l’association « La Tendresse ». LABASE souhaite concentrer ses objets de recherche vers l’émancipation des populations « dominées » (dominations sociales, économiques, de genre, etc), au travers notamment de plusieurs ateliers centrés sur l’auto-médication et la production de micro-organismes (ex. bactéries probiotiques et champignons). L’objectif est de développer des savoirs et savoirs-faire (documentés en libre accès sur internet) permettant une plus grande autonomie face aux grandes entreprises pharmaceutiques.

Les informations concernant les pratiques d’auto-médication sont aujourd’hui de plus en plus nombreuses sur les blogs, forum, site web et autres publications. Toutefois, on sait généralement peu de choses concernant les modalités, les motivations et les conditions sanitaires dans lesquelles ces pratiques sont réalisées. Le projet présenté ici à la MSH consiste en un travail interdisciplinaire entre trois laboratoires institutionnels (de biologie et d’anthropologie) et LABASE. Il s’agira ici de mettre en place les conditions permettant (i) aux membres de LABASE de réaliser au mieux leurs ateliers et workshops internationaux ainsi qu’un service internet ouvert de référencement (en collaboration avec le BIB) et (ii) aux membres des laboratoires institutionnels de suivre les conditions sanitaires, anthropologiques et sociologiques de ces pratiques d’auto-médication.